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Sous-Location Airbnb 2026 : Ce que le Locataire Doit Savoir

Mis à jour le 17/07/2026

Sous-Location Airbnb 2026 : Ce que le Locataire Doit Savoir

Vous louez votre logement et souhaitez le proposer sur Airbnb pendant vos vacances ? Cette pratique, courante en France, engage votre responsabilité bien au-delà de la simple publication d'une annonce. Article 8 de la loi du 6 juillet 1989, loi Le Meur (n°2024-1039), numéro d'enregistrement obligatoire : voici le cadre légal complet pour sous-louer en 2026 sans risquer votre bail.

Ce que dit la loi : l'article 8 de la loi de 1989

L'article 8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 est explicite : le locataire ne peut ni céder le contrat de location, ni sous-louer le logement sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer.

Concrètement, avant de publier votre annonce sur Airbnb, vous devez :

  1. Obtenir une autorisation écrite de votre propriétaire - un accord oral ou le silence du bailleur ne suffit pas
  2. Vous assurer que le loyer demandé au sous-locataire ne dépasse pas le loyer que vous payez, au mètre carré de surface habitable
  3. Remettre au sous-locataire une copie de l'autorisation écrite du bailleur et une copie de votre bail en cours

Si votre bail prend fin (résiliation, congé), le sous-locataire ne peut invoquer aucun droit contre le propriétaire et doit libérer les lieux. Le bailleur n'a aucune obligation envers lui.

Les règles de la loi Le Meur s'appliquent aussi aux locataires

Depuis le 1er janvier 2025, la loi Le Meur (n°2024-1039 du 19 novembre 2024) s'impose à tous les loueurs de meublés de tourisme, y compris les locataires qui sous-louent leur résidence principale :

ObligationRègle
Plafond annuel120 jours par an pour la résidence principale
Numéro d'enregistrementObligatoire dans toutes les communes depuis le 20 mai 2026
DéclarationTéléprocédure nationale auprès de la DGE
AffichageLe numéro doit figurer sur l'annonce Airbnb

Pour la procédure d'enregistrement, consultez notre guide sur l'enregistrement meublé de tourisme 2026.

Comment demander l'autorisation à votre propriétaire

Aucun formulaire officiel n'existe pour cette demande. Pour être valable, elle doit être formulée par écrit (lettre recommandée avec accusé de réception ou email conservé). Précisez :

  • L'adresse du logement et le numéro de votre bail
  • La ou les périodes de sous-location envisagées
  • Le loyer que vous comptez pratiquer (il ne doit pas dépasser votre loyer au m²)
  • La plateforme utilisée

Le propriétaire est libre d'accepter, de refuser ou d'assortir son accord de conditions. Si votre immeuble est en copropriété, vérifiez également que le règlement de copropriété n'interdit pas la location de courte durée avant de soumettre votre demande. Pour tout ce qui concerne les règles en copropriété, consultez notre guide copropriété et Airbnb 2026.

Résidence secondaire : un cas plus complexe

Sous-louer un logement qui n'est pas votre résidence principale est juridiquement plus contraignant :

  • L'autorisation écrite du bailleur reste impérative
  • Dans les villes en zone tendue (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nice...), louer un logement en résidence secondaire peut nécessiter une autorisation de changement d'usage délivrée par la mairie - procédure que seul le propriétaire peut engager
  • Le locataire ne peut pas demander lui-même une autorisation de changement d'usage
  • En pratique, la sous-location d'une résidence secondaire sans l'ensemble de ces autorisations expose le locataire à des sanctions et à la résiliation de son bail

Pour comprendre les règles de changement d'usage, consultez notre guide changement d'usage Airbnb 2026.

Sanctions en cas de sous-location illicite

Une sous-location sans autorisation écrite du bailleur constitue une faute grave pouvant entraîner :

  • La résiliation judiciaire du bail : le propriétaire peut saisir le juge pour mettre fin au contrat
  • Le remboursement intégral des sommes perçues du sous-locataire
  • Des dommages et intérêts fixés par le tribunal
  • Des sanctions administratives pour défaut d'enregistrement ou dépassement du plafond de 120 jours, prévues par le Code du tourisme et renforcées par la loi Le Meur

Les plateformes de réservation, dont Airbnb, sont tenues de vérifier les numéros d'enregistrement et de suspendre les annonces non conformes. Depuis 2026, elles transmettent également les données de location aux communes et à la DGE.

Nouvelle clause de résiliation contractuelle dès le 1er octobre 2026

Le décret n°2026-596 du 6 juillet 2026 modifie le décret n°2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location (baux nus, meublés, colocation) et introduit une clause optionnelle de résiliation directement liée à la sous-location touristique non autorisée.

Comment fonctionne ce nouveau mécanisme ?

Dans les communes ayant adopté la servitude de résidence principale (article L.151-14-1 du Code de l'urbanisme, introduit par la loi Le Meur n°2024-1039), à partir du 1er octobre 2026, les bailleurs pourront inclure dans le bail une clause autorisant la résiliation du contrat si le locataire met son logement en location touristique en violation de cette servitude.

Ce que cela change pour les locataires :

  • Avant le 1er octobre 2026 : vos baux existants ne sont pas modifiés. Les sanctions demeurent la résiliation judiciaire pour faute grave et les amendes administratives.
  • À partir du 1er octobre 2026 : tout bail conclu ou renouvelé peut contenir cette clause optionnelle. Lisez attentivement votre contrat avant de signer.
  • La clause est optionnelle : le bailleur doit choisir de l'inclure. Son absence ne supprime pas le recours judiciaire classique pour faute grave.
  • L'article 2 du décret entre en vigueur le 1er janvier 2027 et procède aux ajustements correspondants dans le Code de la construction et de l'habitation.

En pratique, les risques se cumulent désormais : résiliation judiciaire pour faute grave (préexistante), résiliation contractuelle directe si la clause est présente (nouvelle, dès octobre 2026), et sanctions administratives (amendes, suspension d'annonce par la plateforme).

FAQ

Un locataire peut-il faire Airbnb sans l'accord de son propriétaire ?

Non. L'article 8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 interdit formellement toute sous-location sans accord écrit du bailleur. Un accord oral, un simple email non répondu ou le silence du propriétaire ne protègent pas le locataire en cas de litige.

Le plafond de 120 jours s'applique-t-il aux locataires qui sous-louent ?

Oui. La loi Le Meur (n°2024-1039) s'applique à tous les loueurs de meublés de tourisme, propriétaires ou locataires. Le plafond de 120 jours par an concerne la résidence principale. Les plateformes comme Airbnb sont tenues de bloquer les calendriers au-delà de ce seuil.

Le locataire doit-il obtenir un numéro d'enregistrement ?

Oui. Depuis le 20 mai 2026, l'enregistrement national auprès de la DGE est obligatoire pour tout loueur, y compris les locataires sous-louant leur résidence principale. Le numéro doit figurer sur chaque annonce.

Que risque le sous-locataire si le bail principal prend fin ?

Rien contre le propriétaire : l'article 8 de la loi de 1989 est clair - le sous-locataire ne peut invoquer aucun droit à l'encontre du bailleur ni aucun titre d'occupation si le contrat principal cesse. Il doit quitter les lieux.

Peut-on sous-louer une chambre de son logement sur Airbnb ?

Louer une chambre chez l'habitant (en restant présent dans le logement) n'est pas une sous-location au sens strict de l'article 8 de la loi de 1989. Les règles d'autorisation bailleur ne s'y appliquent pas de la même manière. Toutefois, la loi Le Meur impose l'enregistrement et le respect du plafond de 120 jours pour la résidence principale, quelle que soit la configuration de la location.

Mon propriétaire peut-il résilier mon bail directement pour sous-location Airbnb illicite après octobre 2026 ?

Oui, si le bail a été conclu ou renouvelé à partir du 1er octobre 2026 et contient la clause optionnelle prévue par le décret n°2026-596 du 6 juillet 2026. Cette clause s'applique dans les communes ayant instauré la servitude de résidence principale (art. L.151-14-1 du Code de l'urbanisme, loi Le Meur n°2024-1039). Elle s'ajoute, sans remplacer, la résiliation judiciaire pour faute grave déjà existante.

Si vous êtes bailleur souhaitant ne pas renouveler votre bail pour passer à la location saisonnière, consultez notre guide de conversion bail longue durée vers Airbnb 2026.

Dans tous les cas de location courte durée, pensez à établir un contrat de location saisonnière écrit, obligation légale prévue à l'article L324-2 du Code du tourisme.

Sources officielles

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